Moraliser, un impératif démocratique

Moraliser, un impératif démocratique

Notre démocratie est en panne. Retour des « affaires » au sommet de l'État, abstention record, élus cumulards et peu représentatifs de la société française, citoyens infantilisés et coupés du processus décisionnel, collectivités locales aux compétences floues... voici une liste non exhaustive de dysfonctionnements qui creusent chaque jour un peu plus le fossé (aux allures de gouffre...) qui s'est installé entre le peuple et ses représentants.

Cette défiance est particulièrement présente chez les jeunes qui ne se reconnaissent pas dans leurs dirigeants tous aussi incapables de leur délivrer un message d'espoir à même d'inspirer confiance, de les rassurer, de leur proposer un avenir meilleur.

Les mots ont tous le même goût. La sincérité semble artificielle et la proximité fabriquée de toutes pièces. Cette situation est extrêmement grave : une jeunesse qui ne croit plus en l'avenir de son pays et en son propre avenir, c'est l'amorce d'une spirale négative, le signal d'une décadence prochaine. Reconstruire notre démocratie est à ce titre un enjeu majeur pour notre jeunesse.

La crise de confiance est profonde, elle n'épargne aucune sensibilité et pourtant, j'ai l'intime conviction que ce mouvement n'est pas irréversible. « Les mauvais jours finiront », c'est avec ces mots que François Bayrou commence et conclut son avant-dernier livre. Ces mêmes mots résument mon regard sur la démocratie française. Le désamour qui frappe la politique aujourd'hui n'est ni un sort ni une malédiction. Des solutions existent.

La Vème République ne répond aujourd'hui plus aux impératifs d'une démocratie moderne. D'une part car elle s'est construite au détriment du pouvoir législatif, pour ne pas dire contre les parlementaires. Certes à l'époque il s'agissait de lutter contre l'instabilité gouvernementale, la fameuse « valse des ministères », et permettre au Général de Gaulle de prendre des décisions claires et rapides. Ce contexte n'est plus et il nous faut aujourd'hui redonner toute sa place à la représentation nationale et limiter le « présidenitalisme ».

La Vème République est aussi l'héritière d'un temps où l'État primait sur la Société. Le citoyen n'était pas doté du même capital politique, de la même instruction, de la même sensibilité si bien qu'un régime fort dont le pic démocratique ne se manifeste qu'au moment de l'élection s'est installé. Ce temps là aussi est révolu. Le citoyen veut comprendre, participer et ne donne plus sa confiance aussi facilement. Les élus doivent être exemplaires et rendre des comptes.

Cette refondation ne sera possible sans une profonde moralisation de la vie politique française. C'est pour cela que je soutiens l'idée d'un referendum sur ce sujet comme le propose François Bayrou (et je vous invite à signer la pétition en ligne).

Faut-il fonder une 6ème République ? Je ne sais pas et je ne pense pas que le numéro compte. Ce qui importe, c'est le profond changement que nous devons produire pour oxygéner notre démocratie et ainsi lui redonner un second souffle, quels qu'en soient le nom et le numéro.

Fabien Robert

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