Aider les jeunes en errance (3) - La Maison PRODOMO dans le détail

Aider les jeunes en errance (3) – La Maison PRODOMO dans le détail

- Quel est le diagnostic ? Le constat de départ est le suivant : les jeunes (25/35 ans), souvent accompagnés d'un chien, qui vivent dans la rue sont nombreux dans le secteur Sainte-Catherine / Victor Hugo. Cette présence s'explique essentiellement par l'opportunité de pouvoir y récolter quelques pièces en faisant la manche. Les nuisances occasionnées sont multiples et pénalisantes pour le cadre de vie et l'activité commerçante. Dès 2005, un travail partenarial (Etat - ville de Bordeaux - Conseil Général) permet la mise en place d'une première réponse. Le CEID (Centre d'Etude et d'Information sur les Drogues) se voit alors confier une mission « Jeunes en errance » afin d'apporter à ces jeunes des solutions de resocialisation durables et de réduire les nuisances occasionnées pour les riverains et commerçants avoisinants. - Qu'est ce que cette Maison ? La Maison PRODOMO est un projet de résidence de 25 logements pour des jeunes en errance porté par le Centre d'Etude et d'Information sur les Drogues (CEID). - Pourquoi cette Maison ? Le travail mené par le CEID est un parcours en 3 étapes : - Le travail de rue : Le CEID suit les déplacements de cette population. Ce travail permet d'identifier tout nouvel arrivant, de pouvoir poser un premier diagnostic et de proposer un référentiel d'adresses utiles (soins, hébergement, hygiène,...). 344 jeunes en errance ont été rencontrés par les éducateurs de rue en 2008. - Les ateliers « arts de la rue » : Les arts de la rue (cirque, musique, théâtre) ne sont ici qu'un moyen d'amorcer un déplacement (les ateliers ont lieu dans le quartier Saint-Genès où il est important de noter que la cohabitation avec le voisinage se passe bien) et la construction d'un travail commun. L'animation est assurée par 6 professionnels et 1 éducateur qui encadrent les ateliers et favorisent pour chaque jeune un projet personnalisé. En 2008, 67 jeunes ont fait la démarche d'aller vers ces ateliers. - La maison PRODOMO : Enfin, en prolongement des actions menées, le projet global PRODOMO vise à ouvrir 25 places d'hébergement adaptées à cette population. Il s'agit d'un complément indispensable aux deux premières étapes. En effet, lorsqu'un jeune manifeste l'envie de s'en sortir, au « bout du bout », sans cette résidence, aucune solution durable n'est proposée. La rechute est alors probable. Le dispositif s'appuie sur une démarche graduée en fonction de l'avancée des sujets dans leurs parcours d'autonomisation et de l'acquisition des capacités minimales nécessaires à l'inscription dans un logement durable. Le bailleur social In'cité a fait l'acquisition pour ce projet d'un immeuble situé 35 rue des Augustins avec deux cours intérieures pour l'accueil des chiens. - La question de l'accueil des chiens : La question des chiens est importante. Il ne s'agit pas de réaliser un chenil mais de prendre en compte une réalité. Il y a encore 2 ans, lorsque j'ai commencé à me pencher sur cette question, je ne croyais pas moi-même à l'intégration des chiens dans les lieux de résidence. Pourtant, lors de la campagne municipale de 2008, j'ai été frappé par l'importance de ce détail. Ils ne s'en sépareront jamais et préféreront rester dans la rue car il s'agit souvent de leur seule présence quotidienne. Je ne suis pas dupe et je sais que certains maltraitent leurs chiens. La Maison PRODOMO devra justement permettre un suivi régulier de ces animaux. - Combien ça coûte ? Le budget prévisionnel de l'investissement est de 2 074 793 €. Le CEID participerait aussi à la réhabilitation du fait de son agrément pour encadrer des chantiers d'insertion. Il sera envisagé bien entendu d'y intégrer de futurs bénéficiaires de l'hébergement. - Quand ? L'ouverture de cette structure serait possible fin 2011 si des crédits nécessaires étaient affectés. Avec le fort soutien du maire de Bordeaux, du Président du Conseil Général et du Président de la CUB au titre de la surcharge foncière, de l'aide de l'Etat sur cette même surcharge foncière et par une subvention PLAI, l'investissement pourrait trouver son équilibre.

Fabien Robert

3 Commentaires

  1. Thérèse
    26/05/2009 at 19:06

    même si ce n’est pas bénéficiaire, en tout cas, ce sera bénéfique !

    Le budget … de 2 074 793 €. me semble très raisonnable, d’ailleurs, quand on voit le prix ordinaire des maisons, et quand on sait qu’il faut inclure les remises en état, les charges, les salaire du personnel, etc. j’espère que cela sera voté !

    Tous mes encouragements !

  2. Thérèse
    07/07/2009 at 09:13

    Alors, si d’aventure des gens ne veulent voir aucune misère autour d’eux … ils peuvent toujours .. je ne sais pas, moi, … aller s’enterrer dans un monastère, par exemple … C’est sûr que, là, ils n’y verraient aucun SDF .. (mais, horreur, ils y entendraient parler de charité !!! )

  3. fabienne GUINOT
    25/08/2009 at 17:39

    ayant travaillé sur Montréal avec des 16 25 en errance en hébergement de nuit et accueil de jour, je ne peux qu ‘encourager l’initiative. Ayant été responsable jeunesse, intervenante toxicomanie, éducatrice prévention spécialisée, je m’inscrirai bien dans la démarche. A bon entendeur,
    Fabienne

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