La démocratie est en deuil

La démocratie est en deuil

Je ne trouve pas les mots pour définir le mélange de colère et de tristesse que j'éprouve : Benazir Bhutto, meneuse de l'opposition démocratique au Pakistan, a été tuée aujourd'hui dans un attentat suicide qui a fait 20 morts et 56 blessés. Elle avait été la première femme à diriger un pays musulman. Le pire face à cette lâcheté sans nom, c'est certainement les nombreuses prédictions qui avaient été faites par les observateurs étrangers : Benazir Bhutto dérange et, en guidant son pays vers la démocratie, elle risque sa vie chaque jour. Elle le savait. Elle même avait fait le choix de revenir alors que sa tête était mise à prix ! C'est certainement ce fatalisme qui m'indigne le plus. Faut-il que les démocrates payent souvent de leur vie pour accomplir leur oeuvre ? Je me pose beaucoup de questions, comme vous tous je pense. La communauté internationale a-t-elle fait tout son possible pour éviter ça ? Les autorités locales sont-elles mouillées dans cet acte odieux ? Les réponses, je ne les connais pas, mais ce meurtre ne peut rester sans coupable. Non pas pour satisfaire une vengeance stérile, mais plutôt pour continuer l'oeuvre de Benazir Bhutto en montrant que, dans une démocratie, il y a des lois, et que l'on ne peut tuer impunément. Dans cette histoire, ce sont les corrompus et les assassins qui ont gagné, au détriment de la liberté du peuple. Aujourd'hui, la démocratie est en deuil.

Fabien Robert

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