Squat fermé, débat ouvert

Squat fermé, débat ouvert

Avec la crise du logement et l'arrivée de nouvelles populations (notamment bulgares et roumaines), la question des immeubles squattés prend une dimension de plus en plus forte dans toutes les grandes villes de France. Depuis maintenant 12 mois, j'ai piloté, en lien avec les services de la vie urbaine, de nombreuses procédures pour aboutir à la fermeture du squat du 8 rue des Fours. Cet immeuble, situé dans le quartier Saint-Michel, etait en effet occupé illégalement depuis plusieurs années.Les nuisances occasionnées étaient réelles et invivables pour les riverains sans pour autant que nous puissions procéder à une expulsion. Mais compte tenu de la dégradation récente d'un mur mitoyen, signalée par le propriétaire du 10 de la rue des Fours, la Mairie a pu prendre en urgence, le 15 juillet 2009, un « arrêté municipal de mise en péril » qui démontre les risques encourus par les occupants. Cet arrêté a impliqué l'évacuation du squat et l'intervention des services techniques de la ville qui ont condamné les issues du bâtiment. Le CCAS ainsi que la DDASS étaient également sur place pour coordonner le relogement des personnes expulsées et la distribution de nourriture. L'incendie survenu depuis n'a heureusement pas fait de victime. La Police va enquêter pour en connaître les causes. Ce dossier fort complexe, qui n'a pu aboutir dans des délais raisonnables pour les riverains, amène je crois plusieurs questions : - Il y a squat et squat. Le squat de la place André Meunier (immeuble inoccupé appartenant à la CUB), géré par plusieurs associations, est un exemple plaidant dans le sens d'un traitement au cas par cas de cette question. Ce lieu ne cause en effet pas nuisances et répond (malheureusement) à une vraie demande. - Quel dispositif d'urgence avons-nous pour identifier les squats lorsqu'ils apparaissent ? - Quel dispositif d'évaluation des nuisances avons-nous ? - Quels moyens de pression avons-nous sur d'éventuels propriétaires indélicats ? - Quel accompagnement social pour les personnes concernées ? Elles sont parfois très bien installées dans l'immeuble et se retrouvent à la rue sans forcément comprendre ce qu'il se passe. - Quelles sont les différentes procédures juridiques qui permettent l'expulsion ? A toutes ces questions je n'ai pas la réponse et je crois que la Mairie seule ne peut avoir une réponse efficiente. C'est pour cette raison que Monsieur le Maire a saisi Monsieur le Préfet sur cette problématique. Nous devrions travailler plus étroitement ensemble pour que de telles situations ne se reproduisent plus.

Bonnes vacances.

Fabien Robert

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1 Commentaires

  1. Thérèse
    26/07/2009 at 05:56

    ” – Quels moyens de pression avons-nous sur d’éventuels propriétaires indélicats ?”

    hé oui, voila la vraie solution du problème !!! Les vrais fautifs sont les propriétaires, dont les immeubles et appartements ne seraient pas squattés s’ils étaient occupés normalement. Ils se plaignent des dégradations commmises par les locataires ? comme si tous les locataires n’étaient pas soigneux !!! et ils sélectionnent bien leurs locataires sur critère de revenus : il faut croire que ce critère n’est pas le bon, alors (et effectivement, ce n’est pas le bon) !
    et pas un qui a pensé, en revanche, qu’on trouverait de meilleurs locataires en sélectionnant de façon différente, c’est à dire en ne dépersonnalisant pas tout cela (en passant par les agences, et en se contentant d’encaisser les loyers)

    A quoi peut-on donc bien servir un immeuble vide ? ils n’ont soi-disant pas les moyens d’en payer l’entretien ? qu’ils les vendent ! ou, s’ils sont de bonne foi, qu’ils fassent appel aux nombreux dispositifs de l’Etat (genre Lois Besson – Baux à réhabilitations) !

    Et pas un non plus qui se rende compte que les loyers prohibitifs et spéculatifs .. rendent la France non compétitive au point de vue international (car ces mêmes propriétaires. sont les premiers râler contre les hausses de salaires, mais on n’aurait pas besoin de salaires si élevés si on n’avait pas besoin de gagner 3 fois le montant d’un loyer prohibitif ! )

    Pour en revenir aux immeubles vides, je suis sure qu’il y a des lois pour ça, que ce soit pour la réquisition, la préemption, etc … Si vous voulez, je chercherai ! (n’allez pas me dire que les Services les connaissent, ces lois, car, s’ils les connaissent .. pourquoi ne les font-ls pas appliquer ?)

    Pour les villes en manquent de logements sociaux (ou de logements tout court, d’ailleurs), et en manque d’espace, il y a là un gisemnt tout trouvé ! A t on le droit d’appauvrir une municipalié et ses habitants, parce qu’on est trop égoiste, ou trop négligent, etc ?

    Que rapporte à une municipalité un immeuble vide ? bien que je sache qu’il y a une taxe supplémentaire dessus, mais tous les immeubles vides sont-ils pris en compte ? sont-ils répertoriés ? se soucie-t-on de vérifier les adresses réelles (mises à jour) des propriétaires ? comment percevoir lex taxes, si on n’a plus les bonnes adresses ? (et je sais que cela arrive)

    Fabien, heureusement qu’on vous a, et je parle sincèrement, pour soulever honnêtement cette partie du problème du logement.

    Cordialement.

    Thérèse

    (vous avez toujours votre compte yahoo ?)

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